Le PFU (flat tax) taxe dividendes, intérêts et plus-values mobilières à un taux forfaitaire, porté à 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt, 18,6 % de prélèvements sociaux) par la loi de financement de la Sécurité sociale. Vous pouvez y renoncer et opter pour le barème progressif, une option globale souvent avantageuse en dessous de 11 % de taux marginal.
Qu’est-ce que le PFU et à quel taux s’applique-t-il en 2026 ?
Le prélèvement forfaitaire unique, ou PFU, est le régime fiscal appliqué par défaut à la plupart des revenus du capital depuis 2018 : dividendes, intérêts et plus-values de cession de valeurs mobilières. Il remplace, en un seul taux, l’imposition au barème progressif et les prélèvements sociaux qui s’appliquaient auparavant séparément.
Ce taux comprend deux parts : 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, inchangés depuis la création du dispositif, et des prélèvements sociaux qui viennent d’être relevés par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026). La CSG sur les revenus du patrimoine et de placement passe de 9,2 % à 10,6 %, ce qui porte le total des prélèvements sociaux à 18,6 % (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %). Le taux global du PFU s’établit donc à 31,4 %, contre 30 % auparavant.
Le PFU n’est pas un totem à défendre à tout prix : sous un taux marginal de 11 %, l’option pour le barème redevient souvent la meilleure affaire, grâce à l’abattement de 40 % sur les dividendes.
Quels revenus sont concernés par le PFU ?
Tous les revenus mobiliers ne sont pas logés à la même enseigne, et la hausse de 2026 n’entre pas en vigueur à la même date selon la nature du revenu.
| Revenu concerné | Taux applicable | Entrée en vigueur |
|---|---|---|
| Dividendes et intérêts perçus jusqu’au 31/12/2025 | 30 % (12,8 % + 17,2 %) | Taux historique, encore applicable sur les revenus 2025 |
| Dividendes et intérêts perçus à compter du 1er janvier 2026 | 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) | LFSS 2026, déclaration 2027 |
| Plus-values de cession de valeurs mobilières réalisées dès 2025 | 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) | LFSS 2026, déjà sur la déclaration 2026 |
| Produits des contrats d’assurance-vie (régime propre) | 7,5 % ou 12,8 % + 17,2 % de PS selon durée et montant | Non concernés par la hausse de la LFSS 2026 |
| Livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP…) | Exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux | Sans changement |
Sur la déclaration que vous venez de faire pour vos revenus 2025, vos dividendes et intérêts restent donc taxés à l’ancien taux de 30 %, tandis que vos plus-values de cession réalisées en 2025 subissent déjà le taux relevé de 31,4 %. Les contrats d’assurance-vie suivent leur propre régime et ne sont pas concernés par cette hausse, ce qui en fait une enveloppe à comparer systématiquement avant d’arbitrer entre un compte-titres et un contrat de capitalisation.
PFU ou option pour le barème progressif : comment ça marche ?
Le PFU s’applique automatiquement, sans démarche de votre part. Vous pouvez cependant y renoncer et demander que l’ensemble de vos revenus et plus-values mobiliers soit imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu, comme un salaire. Cette option présente deux effets qui ne jouent pas sous le PFU : un abattement de 40 % sur les dividendes avant application du barème, et la déductibilité d’une fraction de la CSG (6,8 points sur les 10,6 % prélevés) du revenu imposable de l’année suivante.
En contrepartie, les prélèvements sociaux restent dus au taux plein de 18,6 % dans les deux cas : l’abattement de 40 % ne s’applique qu’au calcul de l’impôt sur le revenu, jamais à l’assiette des prélèvements sociaux.
| Caractéristique | PFU (régime par défaut) | Option pour le barème |
|---|---|---|
| Taux en 2026 | 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) | Barème progressif (0 à 45 %) + 18,6 % de PS |
| Abattement de 40 % sur les dividendes | Non applicable | Applicable |
| CSG déductible l’année suivante | Non | Oui, à hauteur de 6,8 points |
| Portée de l’option | — | Globale : tous les revenus mobiliers du foyer, sans exception produit par produit |
| Caractère | Automatique par défaut | Optionnelle, annuelle et révocable jusqu’à la date limite de déclaration |
Le conseil Aurigin
L’option pour le barème se coche en case 2OP de la déclaration de revenus, avant la date limite de dépôt. Elle est globale et irrévocable pour l’année : impossible de choisir le PFU pour vos dividendes et le barème pour vos plus-values. Comparez l’ensemble de vos revenus mobiliers de l’année avant de cocher la case.
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Exemple chiffré : PFU ou barème, que choisir ?
L’exemple ci-dessous applique les deux régimes à un même montant de dividendes perçus en 2026, donc au nouveau taux de PFU.
Ce type d’arbitrage gagne à être posé au même moment que le reste de votre stratégie fiscale : votre taux marginal dépend directement du nombre de parts de votre foyer, un point détaillé dans notre guide sur le quotient familial, et de vos éventuels versements déductibles sur un plan d’épargne retraite (PER), qui peuvent faire basculer l’arbitrage en faveur du barème d’une année sur l’autre.
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Avantages et limites du PFU
Le PFU reste, pour la majorité des foyers imposés à un taux marginal de 30 % ou plus, le régime le plus simple et le moins coûteux. Il perd cependant de son intérêt pour les foyers faiblement imposés, en particulier sur les dividendes, du fait de l’abattement de 40 % réservé au barème.
Points forts du PFU
- Taux connu à l’avance, quel que soit le montant perçu
- Prélevé dès le versement, pas de régularisation surprise
- Avantageux dès que le taux marginal dépasse 30 %
Limites du PFU
- Pas d’abattement de 40 % sur les dividendes
- Taux relevé à 31,4 % en 2026
- Peu intéressant pour les foyers non imposables ou faiblement imposés
Comment exercer l’option pour le barème
L’option se manifeste en cochant la case 2OP lors de la déclaration de revenus en ligne, avant la date limite de dépôt propre à votre département. Elle doit être reconduite chaque année : rien n’est acquis d’une déclaration à l’autre, et l’administration applique le PFU par défaut si la case n’est pas cochée. Comme elle est globale, il est indispensable de rassembler, avant de déclarer, l’ensemble de vos revenus mobiliers de l’année (dividendes, intérêts, plus-values) pour comparer réellement les deux régimes plutôt que de raisonner ligne par ligne.
Conclusion
Le PFU s’applique automatiquement et convient à la majorité des foyers imposés à un taux marginal moyen ou élevé, d’autant plus depuis la hausse à 31,4 % qui ne change pas cette logique pour les hauts revenus. L’option pour le barème mérite en revanche d’être vérifiée chaque année si votre taux marginal est nul ou de 11 %, ou si vos dividendes représentent une part importante de vos revenus mobiliers : l’abattement de 40 % peut alors faire une différence réelle, comme le montre l’exemple chiffré ci-dessus.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le PFU (flat tax) et à quel taux s’applique-t-il en 2026 ?
Pourquoi le taux du PFU passe-t-il de 30 % à 31,4 % en 2026 ?
Comment choisir l’option pour le barème progressif sur sa déclaration ?
L’option pour le barème est-elle intéressante pour tout le monde ?
Les produits d’assurance-vie sont-ils soumis au même taux de PFU ?
Peut-on choisir le PFU pour certains revenus et le barème pour d’autres ?
Résumé
- Le PFU (flat tax) taxe par défaut dividendes, intérêts et plus-values mobilières à un taux forfaitaire unique.
- Ce taux passe de 30 % à 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux), suite à la hausse de la CSG votée dans la LFSS 2026.
- Les dividendes et intérêts sont concernés à compter du 1er janvier 2026 ; les plus-values de cession, dès les opérations réalisées en 2025.
- L’assurance-vie et les livrets réglementés suivent leur propre régime et ne sont pas concernés par cette hausse.
- Vous pouvez renoncer au PFU et opter pour le barème progressif, une option globale, annuelle et à reconduire chaque année (case 2OP).
- L’option pour le barème ouvre droit à un abattement de 40 % sur les dividendes et à une fraction de CSG déductible, absents sous le PFU.
- Elle devient généralement avantageuse en dessous de 11 % de taux marginal d’imposition, et perd son intérêt au-delà de 30 %.
À retenir
- Taux du PFU en 2026 : 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux).
- Option pour le barème : case 2OP, globale, à reconduire chaque année.
- Avantages réservés au barème : abattement de 40 % sur les dividendes, 6,8 points de CSG déductibles.
- Assurance-vie et livrets réglementés : régimes distincts, non concernés par la hausse 2026.
Sources
- DLA Piper, « Loi de financement de la sécurité sociale 2026 : hausse de la CSG » (01/2026)
- LégiFiscal, « Flat-tax (PFU) : champ d’application et taux applicables en 2026 » (08/2026)
- MoneyVox, « Impôt sur le revenu 2026 : les placements concernés par la CSG de 10,6 % » (05/2026)
- Meilleures SCPI, « Flat Tax 2026 : PFU à 31,4 %, ce qui change » (07/2026)


