Un Plan Épargne Retraite (PER) permet de se constituer une épargne bloquée jusqu’à la retraite, en échange d’une déduction fiscale sur les versements. Il se compose de trois compartiments selon l’origine des sommes, propose une gestion pilotée par défaut qui sécurise progressivement le capital, et se débloque en rente, en capital, ou les deux, avec une fiscalité qui dépend de chaque choix.
Le Plan Épargne Retraite, introduit par la loi PACTE de 2019, a remplacé les anciens produits retraite (PERP, contrat Madelin, PERCO, article 83) par une enveloppe unique et plus souple. Comprendre son fonctionnement évite de se tromper sur l’option fiscale ou le mode de sortie.
Ce guide détaille chaque mécanisme du PER : qui peut l’ouvrir, ses compartiments, sa fiscalité, sa gestion, sa sortie et sa transmission. Pour une vue d’ensemble de la préparation à la retraite, notre guide complet pour préparer sa retraite en 2026 replace le PER dans une stratégie plus large.
Qu’est-ce qu’un Plan Épargne Retraite ?
Le Plan Épargne Retraite (PER) est une enveloppe d’épargne à long terme, dédiée à la préparation de la retraite. Il a été créé par la loi PACTE du 22 mai 2019, entrée en vigueur au 1er octobre 2019.
Il remplace, pour les nouveaux contrats, le PERP, le contrat Madelin, le PERCO et le contrat article 83, tout en restant ouvert aux transferts depuis ces anciens produits. L’argent versé reste bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
Le principe reste simple : verser régulièrement ou ponctuellement, réduire son revenu imposable en contrepartie, laisser l’épargne fructifier sur des supports financiers, puis récupérer le capital à la retraite, en rente, en capital, ou un mélange des deux.
Qui peut ouvrir un PER ?
Un PER individuel peut être ouvert par toute personne majeure résidant en France, quel que soit son statut : salarié, indépendant, sans activité professionnelle ou déjà retraité. Aucun âge maximum n’est fixé par la loi.
Depuis le 1er janvier 2024, il n’est en revanche plus possible d’ouvrir un PER individuel au nom d’un enfant mineur. Le législateur a jugé inapproprié qu’un produit dédié à la retraite serve, comme c’était parfois le cas, à préparer un premier achat immobilier de l’enfant à sa majorité.
Les PER ouverts avant cette date pour un mineur restent valides. Les parents peuvent les conserver jusqu’à la majorité de l’enfant, les clôturer par anticipation, ou les transférer vers le plan d’épargne avenir climat (PEAC), disponible depuis juillet 2024 et dont les gains sont exonérés d’impôt.
Les trois types de PER : individuel, collectif, obligatoire
Le PER se décline en trois versions, selon qui l’ouvre et qui l’alimente. Le PER individuel (PERin) se souscrit librement auprès d’une banque, d’un assureur, d’un courtier ou d’une société de gestion.
Le PER d’entreprise collectif (PERECO), qui a remplacé le PERCO, est proposé par l’employeur à l’ensemble des salariés. Il s’alimente par les versements volontaires du salarié, l’intéressement, la participation et l’abondement de l’employeur.
Le PER d’entreprise obligatoire (PERO), héritier du contrat article 83, impose des cotisations à certaines catégories de salariés définies par l’entreprise, avec une participation obligatoire de l’employeur. Notre comparatif des PER 2026 compare les principales offres de PER individuel du marché.
PER assurantiel ou PER bancaire : deux formes juridiques
Derrière l’appellation unique de PER individuel se cachent en réalité deux formes juridiques distinctes, avec des conséquences concrètes sur les supports disponibles et la transmission en cas de décès.
Le PER assurantiel prend la forme d’un contrat d’assurance de groupe, comme une assurance-vie. Il donne accès à des fonds euros à capital garanti et à des unités de compte, parfois des ETF selon l’assureur.
Le PER bancaire, ou compte-titres, ne propose ni fonds euros ni garantie plancher : l’épargne est investie en titres vifs et parts d’OPCVM, avec des frais de garde et de courtage propres aux comptes-titres plutôt que des frais de gestion assurantiels.
Cette distinction juridique pèse aussi sur la fiscalité en cas de décès du titulaire, détaillée plus loin dans ce guide : le PER assurantiel bénéficie d’un régime proche de l’assurance-vie, plus favorable, quand le PER bancaire entre dans la succession classique. Notre avis sur les PER en ligne précise, offre par offre, la forme juridique retenue par chaque établissement.
Les trois compartiments d’un PER individuel
Même un PER individuel unique peut regrouper trois compartiments distincts, selon l’origine des sommes versées. Cette distinction technique conditionne directement la fiscalité applicable à la sortie.
Le compartiment 1 regroupe les versements volontaires effectués librement par le titulaire. Le compartiment 2 accueille les sommes transférées depuis l’épargne salariale d’un ancien employeur, intéressement ou participation. Le compartiment 3 reçoit les versements obligatoires transférés depuis un ancien contrat article 83 ou PERO.
Chaque compartiment conserve son propre régime fiscal à l’entrée et à la sortie, même après un transfert vers un nouveau PER individuel. Un relevé de situation détaillé, fourni chaque année par le gestionnaire, permet de suivre cette répartition.
Comment et combien verser sur son PER
Les versements sur un PER individuel sont libres : montant, fréquence et régularité restent au choix du titulaire, sans minimum imposé par la loi, même si certains établissements fixent un plancher contractuel modeste.
La plupart des PER en ligne acceptent les versements ponctuels comme les versements programmés mensuels. Certains proposent aussi le versement de primes exceptionnelles, héritage ou prime professionnelle par exemple, sans plafond de montant, mais dans la limite du plafond de déduction fiscale annuel.
Un salarié peut aussi transférer sur son PER individuel des sommes issues de l’intéressement, de la participation ou de jours de repos non pris, dans les mêmes conditions fiscales qu’un versement classique.
La fiscalité à l’entrée : déduire ses versements ou non
Le versement volontaire sur un PER ouvre droit, sur option, à une déduction du revenu imposable. En 2026, un salarié peut déduire jusqu’à 38 448 euros, un travailleur non salarié jusqu’à 88 911 euros, selon des plafonds calculés sur le PASS fixé à 48 060 euros.
Cette déduction reste facultative pour les versements volontaires : le titulaire peut y renoncer, en tout ou en partie, au moment du versement. Un versement non déduit ne réduit pas l’impôt de l’année, mais allège la fiscalité au moment de la sortie.
Le conseil Aurigin
Renoncer à la déduction a du sens pour un contribuable peu ou pas imposé, ou dans l’incertitude sur son taux d’imposition futur. À l’inverse, un contribuable fortement imposé maximise généralement l’avantage en déduisant chaque versement possible.
La gestion financière : pilotée à horizon ou gestion libre
Par défaut, sauf choix contraire du titulaire, un PER applique une gestion pilotée à horizon. Cette allocation ajuste automatiquement la part d’actifs risqués selon le nombre d’années restant avant la retraite.
À plus de quinze ans de l’échéance, l’allocation par défaut peut comporter jusqu’à 70 % d’actifs risqués, pour rechercher la performance sur le temps long. À moins de deux ans de la retraite, cette part descend autour de 10 %, l’essentiel du capital étant alors sécurisé.
Un PER n’est pas un produit, mais une enveloppe : sa performance dépend d’abord des supports choisis à l’intérieur.
Points forts de la gestion pilotée
- Automatique, sans décision à prendre au fil des années
- Sécurise progressivement le capital à l’approche de la retraite
- Conforme au cadre fixé par la réglementation
Points faibles de la gestion pilotée
- Profil uniforme, peu personnalisé selon l’aversion au risque réelle
- Transition parfois jugée trop prudente pour un profil dynamique
- Nécessite une démarche active pour en sortir
Le titulaire peut renoncer à ce pilotage par défaut pour opter pour une gestion libre, où il choisit lui-même ses supports et leur répartition, ou pour un profil de risque différent (prudent, équilibré, dynamique) proposé par l’établissement.
Quand et comment récupérer son argent
L’épargne d’un PER reste bloquée jusqu’à la liquidation des droits à la retraite, sauf déblocage anticipé. La loi prévoit plusieurs cas : achat de la résidence principale, invalidité du titulaire ou de ses enfants, décès du conjoint ou du partenaire de PACS, expiration des droits au chômage, surendettement, cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire.
Depuis 2026, un nouveau cas de déblocage anticipé s’ajoute : l’affection grave, le handicap ou l’accident grave d’un enfant à charge. Chaque cas exige des justificatifs précis fournis au gestionnaire du contrat.
À la retraite, le titulaire choisit librement entre une sortie en capital, versée en une fois ou en plusieurs fractions, une sortie en rente viagère, ou une combinaison des deux. Ce choix reste réversible jusqu’à la demande de liquidation, pas après.
La fiscalité à la sortie : rente ou capital
La fiscalité de sortie dépend à la fois du mode choisi, capital ou rente, et de l’origine des sommes, déduites ou non à l’entrée. Sur la part correspondant à des versements déduits, le capital retiré est imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu, comme un revenu, hors prélèvements sociaux sur cette fraction.
Sur la part correspondant à des versements non déduits, le capital n’est pas imposé à nouveau : seules les plus-values générées supportent le prélèvement forfaitaire unique, au taux de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux).
En rente, une rente issue de versements déduits est imposée comme une pension de retraite, au barème progressif après un abattement de 10 %, plafonné à 4 439 euros par foyer fiscal en 2026, avec des prélèvements sociaux de 10,1 % propres aux revenus de remplacement.
Une rente issue de versements non déduits relève du régime plus favorable des rentes viagères à titre onéreux. Seule une fraction de la rente devient imposable, selon l’âge du titulaire au premier versement :
| Âge au premier versement de la rente | Fraction imposable de la rente |
|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % |
| Entre 50 et 59 ans | 50 % |
| Entre 60 et 69 ans | 40 % |
| 70 ans et plus | 30 % |
Que devient un PER en cas de décès avant la retraite ?
En cas de décès du titulaire avant la liquidation de son PER, le traitement fiscal diffère radicalement selon la forme juridique du contrat, assurantiel ou bancaire, présentée plus haut dans ce guide.
Pour un PER bancaire, le capital intègre l’actif successoral et se transmet selon les règles classiques de succession, avec des droits pouvant atteindre 45 % selon le lien de parenté. Le conjoint survivant ou le partenaire de PACS reste exonéré de droits de succession, comme pour tout autre bien.
Pour un PER assurantiel, la transmission suit un régime proche de l’assurance-vie. Si le décès survient avant les 70 ans du titulaire, chaque bénéficiaire désigné profite d’un abattement de 152 500 euros, puis d’une taxation de 20 % jusqu’à 700 000 euros et de 31,25 % au-delà. Le conjoint ou le partenaire de PACS bénéficiaire reste exonéré de cette taxation.
Après 70 ans, l’abattement se réduit fortement, à 30 500 euros partagés entre l’ensemble des bénéficiaires et des contrats d’assurance-vie du défunt, avant application des droits de succession classiques sur le solde. Choisir avec soin la clause bénéficiaire du contrat reste, dans les deux cas, une étape à ne pas négliger.
Transférer son PER vers un autre établissement
Un PER individuel se transfère librement vers un autre établissement, pour changer de gestionnaire, réduire ses frais ou regrouper plusieurs contrats. Les frais de transfert sont plafonnés par la loi à 1 % de l’encours transféré.
Ce transfert devient entièrement gratuit après cinq ans de détention pour un PER classique, et après dix ans pour un contrat issu d’un ancien produit comme le PERP ou Madelin. Un décret d’octobre 2024 a ramené ce plafond de 5 % à 1 %, rendant les transferts nettement plus accessibles.
Le transfert conserve l’antériorité fiscale de chaque compartiment et l’ancienneté du contrat d’origine, un point important pour le calcul des huit ans souvent recherché sur d’autres enveloppes, mais sans effet direct sur le PER lui-même, qui ne connaît pas ce seuil.
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Un Plan Épargne Retraite fonctionne comme une enveloppe à trois compartiments, avec une fiscalité d’entrée optionnelle et une fiscalité de sortie qui dépend de chaque choix passé. Bien utilisé, avec une déduction ajustée à sa tranche d’imposition, une gestion adaptée à son horizon et une clause bénéficiaire bien renseignée, il reste l’un des outils les plus efficaces pour préparer sa retraite.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un Plan Épargne Retraite (PER) ?
Quelle est la différence entre PER individuel, collectif et obligatoire ?
Peut-on récupérer l’argent de son PER avant la retraite ?
Comment est imposée la sortie d’un PER en capital ?
Que devient un PER si le titulaire décède avant la retraite ?
Combien coûte le transfert d’un PER vers un autre établissement ?
Résumé
- Le PER, créé par la loi PACTE de 2019, remplace le PERP, le contrat Madelin, le PERCO et l’article 83.
- Depuis le 1er janvier 2024, il n’est plus possible d’ouvrir un PER individuel pour un enfant mineur.
- Il existe sous deux formes juridiques, assurantielle ou bancaire, qui déterminent notamment la fiscalité en cas de décès.
- Un PER individuel peut regrouper trois compartiments selon l’origine des sommes, chacun avec son propre régime fiscal.
- Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable sur option, jusqu’à 38 448 euros pour un salarié en 2026.
- La gestion pilotée par défaut réduit progressivement la part d’actifs risqués, de 70 % à plus de 15 ans de la retraite à 10 % à moins de 2 ans.
- La fiscalité de sortie dépend du mode choisi (rente ou capital) et de l’origine des versements (déduits ou non).
- Les frais de transfert sont plafonnés à 1 % de l’encours, et deviennent gratuits après 5 ou 10 ans selon le contrat d’origine.
À retenir
- Vérifiez si vos versements ont été déduits ou non avant de choisir votre mode de sortie.
- La gestion pilotée par défaut convient à la plupart des profils, mais reste modifiable.
- Le déblocage anticipé reste l’exception, encadré par une liste précise de situations.
- Renseignez et tenez à jour la clause bénéficiaire de votre PER assurantiel.
- Comparez les frais avant de transférer un ancien contrat vers un PER individuel.
Sources
- service-public.gouv.fr, « Plan d’épargne retraite (PER) – PER individuel » (consulté 08/2026).
- economie.gouv.fr, « Comment fonctionne le plan d’épargne retraite individuel ? » (consulté 08/2026).
- France Épargne Academy, « Fiscalité PER Entrée et Sortie : Guide Complet » (consulté 08/2026).
- Previssima, « Plan d’épargne retraite (PER) : quelle fiscalité en cas de décès du titulaire ? » (consulté 08/2026).
- Finance Héros, « PER assurantiel ou bancaire : lequel choisir ? » (consulté 08/2026).
- Mes-Allocs.fr, « Les enfants mineurs peuvent-ils ouvrir un PER en 2026 ? » (consulté 08/2026).
- Nalo, « Frais de transfert d’un PER vers une autre banque » (consulté 08/2026).
- Yomoni, « La gestion pilotée à horizon : qu’est-ce que c’est ? » (consulté 08/2026).
- Linxea, « PER 2026 : fiscalité et nouveaux plafonds » (consulté 08/2026).


