Une assurance-vie n’est pas un placement figé. Au fil des années, vos objectifs évoluent, les marchés montent et baissent, et la répartition de votre épargne entre fonds euros et unités de compte s’éloigne de celle que vous aviez choisie. Pour garder un contrat adapté à votre situation, il faut pouvoir déplacer votre épargne d’un support à l’autre : c’est l’arbitrage.
Mal utilisé, l’arbitrage peut pourtant coûter cher : frais à chaque opération sur certains contrats, ventes au mauvais moment, portefeuille qui change au gré de l’actualité. Bien utilisé, c’est l’un des outils les plus puissants de l’assurance-vie, d’autant qu’il n’entraîne aucune imposition.
Ce guide explique comment fonctionne un arbitrage, ce qu’il coûte, les options automatiques proposées par les contrats et les moments où il est pertinent d’arbitrer.
Arbitrage en assurance-vie : les chiffres clés
Qu’est-ce qu’un arbitrage en assurance-vie ?
Un arbitrage consiste à transférer tout ou partie de l’épargne investie sur un support du contrat vers un ou plusieurs autres supports du même contrat. Vous pouvez par exemple passer du fonds euros vers des unités de compte pour dynamiser votre épargne, ou l’inverse pour la sécuriser. Notre article sur le fonctionnement de l’assurance-vie rappelle le rôle de chaque support.
Le grand avantage de l’arbitrage est fiscal : tant que l’argent reste dans le contrat, aucune imposition n’est due, même si vous réalisez une plus-value en vendant une unité de compte. C’est une différence majeure avec un compte-titres, où chaque vente avec gain est imposée. L’arbitrage ne modifie pas non plus l’antériorité fiscale du contrat.
À ne pas confondre avec le transfert, qui consiste à changer de contrat. Depuis la loi PACTE, il est possible, sous conditions, de transférer son assurance-vie vers un autre contrat du même assureur sans perdre son antériorité fiscale.
Comment réaliser un arbitrage en assurance-vie ?
Sur la plupart des contrats en ligne, l’arbitrage se fait en quelques clics depuis l’espace client : vous choisissez le support à désinvestir, le montant ou le pourcentage, puis le ou les supports de destination. Sur les contrats traditionnels, une demande écrite ou un passage par votre conseiller peut être nécessaire.
L’opération n’est pas instantanée. Elle est exécutée sur la base des valeurs liquidatives des supports à une date fixée par le contrat, généralement dans les jours qui suivent la demande. Pendant ce délai, la valeur des unités de compte peut varier. Certains supports, comme les SCPI ou les fonds immobiliers, peuvent faire l’objet de restrictions ou de délais plus longs.
Vérifiez aussi les conditions propres à votre contrat : montant minimum d’arbitrage, montant minimum à conserver sur chaque support, et éventuelles limites sur le fonds euros. Certains contrats conditionnent l’accès au fonds euros, ou à son meilleur taux, à une part minimale d’unités de compte.
Le conseil Aurigin
Avant d’arbitrer, relisez les conditions générales de votre contrat ou la page des frais de votre espace client. Vous saurez s’il existe des frais, des montants minimums ou des restrictions sur certains supports, et éviterez une opération coûteuse ou refusée.
Les frais d’arbitrage en assurance-vie
Les frais d’arbitrage varient fortement d’un contrat à l’autre. Les contrats en ligne n’en prélèvent généralement pas pour les arbitrages effectués sur internet. Les contrats distribués en agence facturent souvent un pourcentage du montant arbitré, parfois avec un ou plusieurs arbitrages gratuits par an. Certains supports, comme les ETF ou les actions en direct, peuvent aussi supporter des frais de transaction.
Ces frais pèsent directement sur la performance, surtout si vous arbitrez souvent. C’est l’un des critères à vérifier avant de souscrire : notre comparatif des assurances-vie sans frais d’entrée ni d’arbitrage recense les contrats les plus intéressants.
| Type de contrat | Frais d’arbitrage habituels | Mode d’arbitrage |
|---|---|---|
| Contrat en ligne | Aucun en ligne, parfois frais sur ETF | Espace client, en quelques clics |
| Contrat bancaire traditionnel | Pourcentage du montant, souvent plafonné | Conseiller ou demande écrite |
| Gestion pilotée | Inclus dans les frais de mandat | Réalisé par le gérant |
| Options automatiques | Gratuites ou à faible coût selon le contrat | Paramétrées à l’avance |
Les options d’arbitrage automatique
De nombreux contrats proposent des options qui réalisent des arbitrages à votre place, selon des règles fixées à l’avance. Elles permettent d’appliquer une stratégie avec discipline, sans réagir aux émotions.
L’investissement progressif
Vous placez une somme sur le fonds euros, puis le contrat la transfère chaque mois vers les unités de compte choisies. Cette option lisse le prix d’achat et réduit le risque d’investir tout son capital juste avant une baisse. Elle complète bien les versements programmés.
La sécurisation des plus-values
Lorsqu’une unité de compte dépasse un seuil de gain fixé, par exemple 10 %, la plus-value est automatiquement transférée vers le fonds euros. Vous encaissez ainsi une partie des gains sans avoir à surveiller les marchés.
Le stop-loss
Si une unité de compte baisse au-delà d’un seuil fixé, elle est arbitrée vers le fonds euros pour limiter les pertes. Cette option protège contre une chute prolongée, mais peut aussi vous faire vendre au plus bas avant un rebond.
Le rééquilibrage automatique
Le contrat ramène périodiquement votre allocation à la répartition cible que vous avez fixée. Si vous préférez déléguer entièrement les choix, la gestion pilotée confie les arbitrages à un professionnel : notre comparatif des gestions pilotées présente les offres.
Votre allocation est-elle toujours adaptée ?
Laissez vos coordonnées : un conseiller vous rappelle gratuitement pour analyser la répartition de votre assurance-vie et vous aider à l’ajuster à vos objectifs. Sans engagement.
Quand faut-il arbitrer son assurance-vie ?
Pour rééquilibrer son allocation
Après une forte hausse des marchés, la part des unités de compte dans votre contrat augmente mécaniquement, et votre risque avec elle. Un rééquilibrage, une fois par an par exemple, ramène l’allocation à votre cible : vous vendez une partie de ce qui a monté et renforcez ce qui a baissé, ce qui impose une discipline salutaire.
Profil : Nadia détient 50 000 euros sur son assurance-vie, répartis à 60 % en unités de compte et 40 % sur le fonds euros, soit 30 000 et 20 000 euros.
Évolution : après plusieurs années de hausse, ses unités de compte valent 42 000 euros et son fonds euros 20 400 euros. Les unités de compte représentent désormais environ 67 % du contrat.
Arbitrage : pour revenir à 60 %, elle transfère environ 4 500 euros des unités de compte vers le fonds euros. L’opération ne coûte rien sur un contrat sans frais d’arbitrage et n’entraîne aucun impôt.
Lorsque votre horizon change
À l’approche d’un projet, achat immobilier, retraite, études des enfants, il est prudent de sécuriser progressivement les sommes dont vous aurez besoin, en arbitrant vers le fonds euros quelques années avant l’échéance. Notre comparatif des meilleurs fonds euros et notre article sur le fonctionnement du fonds euros vous aideront à évaluer ce support.
Lorsqu’un support ne vous convient plus
Un fonds dont les frais sont élevés, dont la performance décroche durablement de ses concurrents ou dont la stratégie a changé peut justifier un arbitrage vers un support équivalent moins cher, comme un ETF. Comparez les performances sur plusieurs années, pas sur quelques mois.
Le conseil Aurigin
Fixez-vous une règle simple et tenez-vous-y : par exemple, un rééquilibrage une fois par an à date fixe, ou dès que l’écart avec votre allocation cible dépasse cinq points. Cette discipline évite de prendre des décisions sous le coup de l’émotion.
Les erreurs à éviter avec les arbitrages
La première erreur consiste à vouloir anticiper les marchés en arbitrant au gré de l’actualité. Personne ne peut prévoir durablement les hausses et les baisses, et les arbitrages fréquents finissent souvent par faire vendre en baisse et racheter en hausse. L’assurance-vie n’est pas un outil de trading.
La deuxième erreur est de multiplier les arbitrages sur un contrat qui les facture : quelques opérations par an peuvent coûter plus que le gain espéré. La troisième est de tout basculer sur le fonds euros après une baisse, ce qui fige les pertes. Enfin, n’oubliez pas que la fiscalité avantageuse des arbitrages est propre à l’assurance-vie : sur un compte-titres, chaque vente avec gain est imposée.
Conclusion
L’arbitrage permet d’adapter votre assurance-vie à l’évolution de vos objectifs et des marchés, sans imposition tant que l’argent reste dans le contrat. Bien utilisé, il sert à rééquilibrer l’allocation, sécuriser l’épargne à l’approche d’un projet ou remplacer un support coûteux.
Choisissez un contrat sans frais d’arbitrage, utilisez les options automatiques pour gagner en discipline, et limitez les arbitrages à quelques décisions réfléchies par an. Notre guide de la fiscalité de l’assurance-vie complète ces règles. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un arbitrage en assurance-vie ?
Un arbitrage en assurance-vie est-il imposé ?
Combien coûte un arbitrage en assurance-vie ?
Combien de temps prend un arbitrage ?
À quelle fréquence faut-il arbitrer son assurance-vie ?
Quelle différence entre arbitrage et transfert ?
Résumé
- Un arbitrage transfère l’épargne d’un support à un autre au sein du même contrat.
- Il n’entraîne aucune imposition tant que l’argent reste dans le contrat.
- Les contrats en ligne ne facturent généralement pas les arbitrages en ligne.
- Les options automatiques permettent d’investir progressivement, de sécuriser les gains ou de rééquilibrer.
- Un rééquilibrage annuel suffit à la plupart des épargnants.
- À l’approche d’un projet, il est prudent de sécuriser progressivement l’épargne.
- Les arbitrages fréquents guidés par l’actualité nuisent souvent à la performance.
À retenir
- Choisissez un contrat sans frais d’arbitrage.
- Fixez une allocation cible et une règle de rééquilibrage.
- Utilisez les options automatiques pour gagner en discipline.
- Sécurisez progressivement avant un projet.
- Ne cherchez pas à anticiper les marchés.
Sources
- Service-public.fr, fiche sur l’assurance-vie
- Autorité des marchés financiers, fiches sur l’assurance-vie et les unités de compte
- Légifrance, Code des assurances, dispositions relatives aux contrats d’assurance-vie
- Conditions générales des contrats d’assurance-vie en ligne et traditionnels


