Le fonds euros, en bref
Le fonds euros est le support à capital garanti de l’assurance-vie et du PER. Concrètement, l’argent que vous y placez ne peut pas baisser, et il produit des intérêts chaque année. C’est la brique sécurisée de votre épargne, celle sur laquelle vous logez les sommes que vous ne voulez pas voir fluctuer.
En 2025, ces fonds ont rapporté environ 2,6 % en moyenne, mais les meilleurs contrats ont versé près de 3,5 à 4 %. L’écart entre un bon et un mauvais fonds euros est donc considérable, et il se joue surtout sur les frais du contrat et la qualité de l’assureur. Autrement dit, le mot « fonds euros » ne dit rien à lui seul : tout dépend de celui que vous choisissez.
Ce guide explique comment fonctionne un fonds euros, ce qu’il rapporte réellement une fois les frais et l’impôt déduits, comment il est fiscalisé, et dans quels cas lui préférer d’autres supports. Si vous voulez ensuite passer à l’action, notre comparatif des meilleures assurances-vie et notre simulateur d’épargne prennent le relais.
Comment fonctionne un fonds euros
Quand vous versez sur un fonds euros, vous ne gérez rien vous-même : l’assureur investit votre argent à votre place. Il le place très majoritairement dans des obligations, c’est-à-dire des prêts accordés à des États et à de grandes entreprises. Ce sont des actifs peu risqués, qui versent un intérêt régulier et connu d’avance. C’est cette mécanique prudente qui permet à l’assureur de garantir votre capital.
La part obligataire représente l’essentiel du portefeuille, autour de quatre cinquièmes. Le reste est réparti sur une petite poche plus dynamique : un peu d’immobilier, parfois quelques actions. Cette diversification sert à aller chercher un supplément de performance, sans jamais mettre en danger la promesse de départ, à savoir la garantie du capital.
En échange de cette sécurité, vous bénéficiez de ce qu’on appelle l’effet cliquet. Les intérêts crédités à la fin d’une année vous sont définitivement acquis : ils s’ajoutent au capital garanti et ne pourront jamais être repris, même si les marchés se retournent l’année suivante. Votre épargne ne fait donc que monter, marche après marche, sans jamais redescendre.
Cette tranquillité a une contrepartie directe sur le rendement. Un gérant de fonds euros ne peut pas s’exposer fortement aux marchés actions, car il doit pouvoir rembourser chaque épargnant à tout moment. Il privilégie donc la stabilité à la performance. C’est le compromis fondamental du fonds euros : on échange du rendement potentiel contre une sécurité quasi totale.
Un dernier point mérite votre attention avant de souscrire. Dans beaucoup de contrats récents, le fonds euros n’est plus accessible librement. L’assureur exige souvent que vous placiez une part minimale de votre versement sur des unités de compte, c’est-à-dire des supports non garantis. Cette règle conditionne aussi, dans certains cas, l’accès aux taux les plus élevés. Il faut donc toujours vérifier à quelle hauteur le fonds euros reste réellement ouvert.
Le conseil Aurigin
Un rendement annoncé « jusqu’à 4 % » cache presque toujours une condition : détenir une part minimale d’unités de compte, donc accepter un risque de perte sur cette partie. Avant de vous laisser séduire par un taux vedette, vérifiez à quel pourcentage le fonds euros est réellement accessible et à quelles conditions le bonus s’applique.
Combien rapporte un fonds euros en 2026
Chaque début d’année, les assureurs publient le taux servi par leur fonds euros au titre de l’année écoulée. Pour 2025, la moyenne du marché tourne autour de 2,6 %. Cette performance s’entend nette de frais de gestion, mais avant prélèvements sociaux : c’est une nuance importante sur laquelle nous revenons plus bas. Ce niveau marque un net redressement par rapport au creux des années 2020-2021, porté par la remontée des taux obligataires qui a permis aux assureurs d’engranger davantage de revenus.
Mais cette moyenne masque des réalités très différentes. Les meilleurs fonds, souvent ceux de mutuelles spécialisées dans l’épargne ou de contrats lancés récemment, ont dépassé 3,5 %, et quelques fonds nouvelle génération ont frôlé 4 %. À l’autre bout, de vieux contrats bancaires continuent de servir moins de 2 %. Sur un même capital, l’écart représente plusieurs centaines d’euros par an. Voilà pourquoi le choix du contrat compte bien plus que la décision de placer sur un fonds euros en général.
Trois leviers expliquent ces écarts. Les frais de gestion, d’abord, qui se prélèvent directement sur le rendement : un fonds qui génère 3,3 % mais facture 0,8 % de frais ne vous laisse que 2,5 %. La qualité de l’allocation, ensuite, car tous les assureurs ne diversifient pas avec le même talent leur poche immobilière et actions. Les réserves, enfin : un assureur prévoyant met de côté une partie des bons millésimes pour soutenir son taux les années creuses, ce qui lui permet d’afficher des rendements plus réguliers.
Pour 2026, la prudence domine, mais sans pessimisme. Un fonds euros réagit avec retard aux mouvements de marché, parce qu’il est rempli d’obligations achetées au fil de plusieurs années. Le taux servi cette année dépend donc largement du stock déjà en portefeuille, et non des seules conditions du moment. Cette inertie joue dans les deux sens : elle a freiné la hausse quand les taux remontaient, elle protège aujourd’hui contre une baisse brutale. Sauf choc majeur, on s’oriente vers une stabilité des rendements, d’autant que la collecte massive de 2025 a permis aux assureurs d’acheter de nouvelles obligations aux taux actuels, plutôt favorables.
La fiscalité du fonds euros
Tant que votre argent reste dans le contrat, les gains de votre fonds euros ne déclenchent aucun impôt sur le revenu. C’est l’un des grands atouts de l’assurance-vie : vous capitalisez sans frottement fiscal année après année. Attention toutefois à ne pas confondre report et exonération. L’impôt n’est pas supprimé, il est simplement repoussé au moment où vous retirez de l’argent.
Deux prélèvements distincts entrent en jeu. Les prélèvements sociaux, au taux de 17,2 %, sont ponctionnés chaque année directement sur les intérêts du fonds euros, à la source. C’est pour cette raison que les rendements annoncés par les assureurs sont presque toujours présentés bruts de prélèvements sociaux : le chiffre que vous voyez n’est pas encore celui que vous touchez réellement.
L’impôt sur le revenu, lui, n’intervient qu’au moment d’un rachat, et son taux dépend de l’ancienneté de votre contrat. Avant huit ans, les gains retirés relèvent du prélèvement forfaitaire unique. Celui-ci se compose de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent les 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 % au total. Il faut être précis sur ce point : le taux d’impôt sur le revenu est de 12,8 %, et c’est seulement une fois cumulé avec les prélèvements sociaux qu’on atteint 30 %. Parler de « PFU à 30 % » est un raccourci trompeur.
Au-delà de huit ans, l’assurance-vie révèle son vrai avantage fiscal. Vous profitez chaque année d’un abattement sur les gains retirés : 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune. En dessous de ce seuil, vous ne payez aucun impôt sur le revenu sur la part de gains correspondante, et au-delà le taux tombe le plus souvent à 7,5 %. Ce n’est pas une exonération totale, puisque les prélèvements sociaux restent dus, mais l’allègement est réel et fait de l’assurance-vie un placement particulièrement efficace sur la durée. Ces règles s’appliquent à la date de publication et peuvent évoluer avec la loi de finances votée chaque année.
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Comment choisir un bon fonds euros
La pire erreur consiste à se fier uniquement au rendement de l’année passée. Un taux flatteur sur un seul exercice ne garantit rien pour la suite, et il s’accompagne souvent de contraintes que l’épargnant découvre trop tard. Pour faire un choix solide, quatre critères pèsent davantage que le chiffre mis en avant dans les publicités.
Les frais arrivent en tête. Ils se prélèvent chaque année, qu’il s’agisse des frais de gestion du fonds ou, plus grave, de frais d’entrée qui amputent votre capital dès le premier euro versé. Un fonds euros affichant 3 % brut mais grevé de 0,8 % de frais de gestion ne rapporte pas plus qu’un fonds à 2,7 % sans frais. Privilégiez donc systématiquement les contrats sans frais d’entrée et aux frais de gestion contenus, car cet écart se cumule et finit par peser lourd sur le long terme.
La part de fonds euros réellement accessible vient ensuite. Comme évoqué plus haut, certains contrats imposent 25, 30 ou 40 % d’unités de compte minimum pour vous laisser accéder au fonds euros, voire à son meilleur taux. Si votre objectif est une sécurité totale, ces contrats ne vous conviennent pas : cherchez ceux qui restent ouverts à 100 % en fonds euros, même s’ils affichent un rendement un peu moins spectaculaire.
La solidité de l’assureur compte aussi, surtout pour un placement censé être le refuge de votre épargne. Un assureur bien noté et doté de réserves confortables sera mieux armé pour lisser ses rendements dans le temps. Enfin, n’oubliez pas que vous ne choisissez pas un fonds euros isolé, mais un contrat entier. Même si vous démarrez 100 % sécurisé, la qualité des unités de compte disponibles, le choix de SCPI ou d’ETF, déterminera votre capacité à diversifier le jour où vous le souhaiterez. C’est précisément l’objet de notre comparatif des meilleures assurances-vie, qui passe ces contrats au crible critère par critère.
Quand utiliser un fonds euros, et quelles alternatives
Le fonds euros n’est pas le placement le plus rémunérateur, mais c’est l’un des plus sûrs, et il a retrouvé de l’attractivité. Il est particulièrement adapté à deux usages. D’abord l’épargne de précaution, cette réserve que vous devez pouvoir mobiliser sans risque en cas d’imprévu. Ensuite l’épargne de court terme, lorsque vous savez que vous aurez besoin de votre argent dans deux ou trois ans et que vous ne pouvez pas vous permettre une baisse de valeur au mauvais moment.
Face à lui, le Livret A fait figure de concurrent direct sur le terrain de la sécurité, mais le rapport de force a changé. Depuis février 2026, son taux est tombé à 1,50 %, désormais inférieur au rendement d’un bon fonds euros. Le Livret A conserve deux atouts : il est totalement exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux, et son argent est disponible immédiatement. Cela en fait l’outil idéal pour l’épargne du quotidien, mais un placement moins performant qu’un fonds euros de qualité dès que l’horizon s’allonge un peu.
Pour viser nettement plus haut, il faut accepter de renoncer à la garantie, au moins en partie. Deux grandes voies s’ouvrent alors au sein de l’assurance-vie. La bourse, via les unités de compte investies en actions ou en ETF, offre le meilleur potentiel sur le long terme, au prix de fluctuations parfois marquées d’une année sur l’autre. L’immobilier, via les SCPI logées dans le contrat, propose un compromis intéressant : des rendements souvent supérieurs au fonds euros et relativement réguliers, tout en conservant un profil de risque modéré.
Dans les faits, la meilleure stratégie consiste rarement à tout placer d’un seul côté. La plupart des épargnants avisés combinent un socle en fonds euros, pour la sécurité et la disponibilité, avec une part d’unités de compte calibrée selon leur horizon et leur tolérance au risque. Plus l’échéance est lointaine, plus la part dynamique peut être importante, car le temps lisse les soubresauts des marchés. C’est cet équilibre, propre à chaque situation, qui détermine au final la performance de votre assurance-vie.
Le conseil Aurigin
Réservez le fonds euros à l’argent dont vous pourriez avoir besoin à court ou moyen terme. Pour une épargne que vous n’envisagez pas de toucher avant huit ou dix ans, une part d’unités de compte bien diversifiée a statistiquement plus de chances de mieux rémunérer votre capital, à condition d’accepter les variations en cours de route.
Conclusion
Le fonds euros reste un pilier de l’épargne française : sûr, simple à comprendre, et de nouveau compétitif depuis la remontée des taux. Mais l’étiquette « fonds euros » ne suffit pas à juger un placement. Tout se joue dans le détail du contrat, et l’écart de rendement entre un bon et un mauvais choix se chiffre en centaines d’euros chaque année. Visez un contrat sans frais d’entrée, aux frais de gestion bas, et accessible au niveau de sécurité qui correspond à votre besoin. Et gardez en tête qu’au-delà d’un horizon long, diversifier une partie de votre épargne reste souvent le moyen le plus efficace de la faire vraiment travailler.
FAQ
Le fonds euros peut-il faire perdre de l’argent ?
Quel a été le rendement moyen des fonds euros en 2025 ?
Peut-on investir 100 % sur le fonds euros ?
Fonds euros ou Livret A, lequel choisir ?
Comment sont imposés les gains d’un fonds euros ?
Le rendement des fonds euros va-t-il baisser en 2026 ?
Résumé
- Le fonds euros est le support à capital garanti de l’assurance-vie et du PER : les sommes versées ne peuvent pas baisser grâce à l’effet cliquet, qui rend les intérêts définitivement acquis chaque année.
- En 2025, le rendement moyen des fonds euros s’établit autour de 2,6 % net de frais de gestion et brut de prélèvements sociaux, tandis que les meilleurs contrats ont servi entre 3,5 % et 4 %.
- Un fonds euros est composé à environ 80 % d’obligations d’États et d’entreprises, complétées d’une poche d’immobilier et d’actions, ce qui explique à la fois sa sécurité et son rendement modéré.
- Les vrais critères de choix d’un fonds euros sont les frais de gestion, l’absence de frais d’entrée, la part de fonds euros accessible (100 % ou non) et la solidité de l’assureur, pas le seul taux de l’année précédente.
- La fiscalité combine 17,2 % de prélèvements sociaux prélevés chaque année et un impôt sur le revenu dû uniquement au retrait : prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % avant huit ans, abattement de 4 600 euros (9 200 pour un couple) et taux réduit à 7,5 % après huit ans.
- Depuis février 2026, le Livret A est tombé à 1,50 %, ce qui rend un bon fonds euros plus rémunérateur dès que l’horizon dépasse le très court terme, malgré la fiscalité.
- Le fonds euros convient à l’épargne de précaution et de court terme ; pour le long terme, une part d’unités de compte (bourse via ETF, immobilier via SCPI) offre un meilleur potentiel de performance, au prix d’un risque de perte en capital.
À retenir
- Tous les fonds euros ne se valent pas : l’écart de rendement se joue sur les frais et l’assureur, pas sur le nom du support.
- Méfiez-vous des taux vedettes conditionnés à une part d’unités de compte, qui exposent une partie de votre capital au risque.
- Réservez le fonds euros au court et moyen terme, et diversifiez en unités de compte pour faire travailler votre épargne de long terme.
Sources
- France Assureurs, bilan annuel de l’assurance-vie 2025 (03/2026)
- ACPR, rendement moyen des fonds euros 2025 (04/2026)
- Banque de France, taux du Livret A au 01/02/2026


