Le plan d’épargne retraite, créé par la loi Pacte en 2019, existe en deux grandes versions. Le PER individuel s’ouvre librement, auprès d’une banque, d’un assureur ou d’une plateforme en ligne. Le PER collectif, souvent appelé PERECO, est mis en place par l’employeur pour l’ensemble des salariés. Ils partagent la même logique fiscale, mais pas les mêmes avantages, ni les mêmes contraintes.
Ce guide compare les deux enveloppes point par point : versements, abondement, frais, supports, fiscalité et transfert. Si vous cherchez déjà un contrat, consultez notre comparatif des meilleurs PER ; si vous découvrez le sujet, notre guide du plan d’épargne retraite pose les bases.
Les différences entre PER individuel et PER collectif
Les deux plans suivent les règles communes du PER : une épargne bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé, des versements volontaires déductibles du revenu imposable, et une sortie en capital ou en rente. La différence tient à qui ouvre le plan, à ce qu’on peut y verser et à qui paie les frais.
Le PER individuel relève de votre seule initiative. Vous choisissez l’établissement, le contrat, les supports et le mode de gestion. Le PER collectif est négocié par l’employeur avec un gestionnaire d’épargne salariale. Il doit être ouvert à tous les salariés, avec au maximum trois mois d’ancienneté exigée, et il peut recevoir l’intéressement, la participation et l’abondement de l’entreprise.
| Critère | PER individuel | PER collectif (PERECO) |
|---|---|---|
| Qui ouvre le plan | Vous, librement | L’employeur, pour tous les salariés |
| Versements volontaires | ✓ | ✓ |
| Intéressement et participation | ✕ | ✓ |
| Abondement de l’employeur | ✕ | Jusqu’à 7 689 € (2026) |
| Versements déductibles | ✓ | ✓ |
| Choix de l’établissement | ✓ | ✕ |
| Frais de tenue de compte | À votre charge | Payés par l’employeur en poste |
| Choix des supports | Large (fonds euros, UC, ETF, SCPI) | Gamme de FCPE du plan |
| Transfert vers un autre PER | Libre | 1 fois tous les 3 ans en poste |
| Sortie en capital ou en rente | ✓ | ✓ |
Le PER collectif : l’atout de l’abondement
Le principal intérêt du PER collectif est l’abondement. L’entreprise complète vos versements selon une règle fixée dans le plan, par exemple 100 % de vos versements dans la limite de 1 500 euros par an. L’abondement est exonéré d’impôt sur le revenu dans la limite de 16 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 7 689 euros en 2026. Seules la CSG et la CRDS, au taux de 9,7 %, sont prélevées.
Le PER collectif permet aussi d’y placer l’intéressement et la participation sans payer d’impôt sur le revenu, et jusqu’à 10 jours de repos non pris par an issus d’un compte épargne-temps. Tant que vous êtes salarié, les frais de tenue de compte sont pris en charge par l’employeur. La gestion pilotée, qui sécurise progressivement l’épargne à l’approche de la retraite, s’applique par défaut.
La contrepartie est un choix limité. Le gestionnaire est imposé par l’entreprise, et les supports se limitent aux fonds communs de placement d’entreprise (FCPE) proposés par le plan. Après votre départ, les frais de tenue de compte peuvent passer à votre charge : surveillez ce point.
Points forts
- Abondement de l’employeur, exonéré d’impôt sur le revenu
- Intéressement et participation placés sans impôt sur le revenu
- Frais de tenue de compte payés par l’employeur
- Gestion pilotée par défaut
Points faibles
- Gestionnaire et supports imposés par l’entreprise
- Gamme de fonds souvent restreinte
- Frais possibles à votre charge après un départ
- Transfert limité à une fois tous les trois ans en poste
Le conseil Aurigin
Avant tout versement, lisez la règle d’abondement de votre plan. Verser juste assez pour obtenir l’abondement maximal est souvent le meilleur rendement accessible : un abondement à 100 % double votre mise dès le premier jour, avant toute performance des marchés.
Le PER individuel : liberté et choix des supports
Le PER individuel est ouvert à tous, salariés, indépendants, sans emploi, et même aux enfants. Sa force est la liberté : vous choisissez l’établissement, comparez les frais et sélectionnez vos supports. Selon les contrats, l’offre comprend un fonds euros, des centaines d’unités de compte, des ETF, des SCPI ou du private equity.
Les écarts de frais entre contrats sont importants. Un PER individuel en ligne affiche souvent des frais sur versements nuls et des frais de gestion réduits, quand un contrat distribué en agence peut prélever plusieurs pourcents à chaque versement. Sur vingt ou trente ans, cet écart pèse lourd sur le capital final.
Le PER individuel est aussi l’enveloppe qui vous suit toute votre carrière. Vous pouvez y transférer les PER collectifs de vos anciens employeurs pour regrouper votre épargne retraite au même endroit.
Points forts
- Ouvert à tous, sans condition d’emploi
- Libre choix du contrat, des supports et des frais
- Large gamme : fonds euros, ETF, SCPI selon contrat
- Réceptacle idéal pour regrouper d’anciens PER
Points faibles
- Aucun abondement de l’employeur
- Frais entièrement à votre charge
- Écarts de frais importants selon le contrat
- Demande une démarche et un suivi personnels
Fiscalité : ce qui change selon l’origine des sommes
À l’entrée, les règles sont communes. Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond égal à 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, plafonnés à 8 fois le plafond de la Sécurité sociale. En 2026, ce plafond va de 4 710 euros au minimum à 37 680 euros au maximum pour un salarié. Ce plafond est commun à tous vos PER, et il est réduit de l’abondement versé par l’employeur.
La loi de finances 2026 apporte deux changements. Les plafonds non utilisés à partir de 2026 sont reportables pendant cinq ans, contre trois auparavant. Et les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles depuis le 1er janvier 2026.
À la sortie, tout dépend de l’origine des sommes, pas du type de plan. En capital, les versements volontaires déduits sont soumis au barème de l’impôt sur le revenu, et les gains au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %, auquel s’ajoutent 18,6 % de prélèvements sociaux depuis 2026, soit 31,4 % au total. L’épargne salariale (intéressement, participation, abondement) est exonérée d’impôt sur le revenu à la sortie : seuls les prélèvements sociaux s’appliquent sur les gains. C’est un avantage propre au PER collectif.
Ces règles s’appliquent à la date de publication. La loi de finances évolue chaque année : vérifiez votre situation sur votre avis d’imposition ou auprès de l’administration fiscale.
PER individuel, PER collectif : par où commencer ?
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Cumuler les deux : la stratégie gagnante
Il n’y a pas à choisir entre les deux plans : un salarié peut détenir un PER collectif et un PER individuel en même temps. La stratégie la plus efficace consiste à utiliser chaque enveloppe pour ce qu’elle fait de mieux. Le PER collectif capte l’abondement et l’épargne salariale. Le PER individuel accueille les versements volontaires supplémentaires, avec des supports et des frais choisis.
Attention au plafond de déduction : il est unique et partagé entre tous vos PER. Si vous versez sur les deux, additionnez vos versements volontaires et l’abondement reçu pour vérifier que vous ne dépassez pas votre enveloppe.
Comment choisir selon votre situation
Si votre entreprise propose un PER collectif avec abondement, versez d’abord ce qui permet d’obtenir l’abondement maximal. C’est la règle numéro un, quel que soit votre profil. Placez-y aussi votre intéressement et votre participation si vous n’en avez pas besoin à court terme : l’exonération d’impôt sur le revenu à la sortie est un vrai bonus.
Si votre entreprise ne propose pas de PER collectif, ou sans abondement, le PER individuel devient l’outil principal. Il l’est aussi pour les indépendants, les professions libérales et les personnes sans activité. Plus votre tranche marginale d’imposition est élevée, plus la déduction à l’entrée est intéressante : à 11 %, le gain fiscal est modeste ; à 30 % ou 41 %, il devient significatif.
Enfin, pensez à la suite de votre carrière. En cas de départ, vous pouvez conserver votre PER collectif ou le transférer vers votre PER individuel pour regrouper votre épargne. Les frais de transfert sont plafonnés à 1 % de l’épargne pendant les cinq premières années du plan, puis gratuits.
Le conseil Aurigin
Quand vous quittez une entreprise, demandez au gestionnaire si les frais de tenue de compte du PER collectif passent à votre charge. Si c’est le cas, comparez avec les frais d’un PER individuel en ligne : un transfert peut vite devenir rentable.
Conclusion
Le PER collectif et le PER individuel ne sont pas concurrents mais complémentaires. Le premier est imbattable dès qu’il y a de l’abondement et de l’épargne salariale à placer. Le second offre la liberté de choisir ses supports et ses frais, et vous suit toute votre carrière. La bonne démarche : captez d’abord l’abondement de votre employeur, puis complétez avec un PER individuel bien choisi dans la limite de votre plafond de déduction.
Questions fréquentes
Peut-on avoir un PER individuel et un PER collectif en même temps ?
Quelle est la différence entre PER collectif et PERECO ?
L’abondement de l’employeur est-il imposable ?
Que devient mon PER collectif si je quitte mon entreprise ?
Peut-on débloquer un PER avant la retraite ?
Les versements sur un PER sont-ils toujours déductibles ?
Résumé
- Le PER individuel s’ouvre librement ; le PER collectif (PERECO) est mis en place par l’employeur pour tous les salariés.
- Seul le PER collectif reçoit l’abondement de l’employeur, exonéré d’impôt sur le revenu jusqu’à 7 689 euros par an en 2026.
- Le PER individuel offre le libre choix du contrat, des supports et des frais.
- Les versements volontaires sont déductibles sur les deux plans, dans un plafond commun réduit de l’abondement.
- L’intéressement, la participation et l’abondement sortent exonérés d’impôt sur le revenu ; seuls les gains supportent les prélèvements sociaux.
- Depuis 2026, les plafonds non utilisés se reportent sur cinq ans et les versements après 70 ans ne sont plus déductibles.
- Les deux plans se cumulent : abondement d’abord, PER individuel ensuite.
À retenir
- Captez toujours l’abondement maximal de votre employeur en priorité.
- Complétez avec un PER individuel aux frais réduits si votre plafond le permet.
- Votre plafond de déduction est unique pour tous vos PER.
- La déduction est d’autant plus intéressante que votre tranche d’imposition est élevée.
- En cas de départ, comparez les frais avant de garder ou de transférer votre PER collectif.
Sources
- Ministère de l’Économie, bilan de l’épargne retraite au 31 décembre 2025, cité par MoneyVox (05/2026)
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 9, Légifrance (02/2026)
- Malakoff Humanis Épargne, guide fiscal et social 2026, version du 7 juillet 2026 (07/2026)
- Meilleurtaux Placement, « Épargne retraite : la DGFiP a tranché », hausse de la CSG (01/2026)
- Loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises (loi Pacte), Légifrance (05/2019)
- Service-public.fr, fiche « Plan d’épargne retraite (PER) » (10/2026)

