Le barème de l’impôt sur le revenu est progressif : votre revenu est découpé en tranches, et chaque tranche est taxée à son propre taux, de 0 % à 45 %. En 2026, sur les revenus de 2025, la première tranche imposable démarre à 11 600 euros par part. Passer dans une tranche supérieure ne taxe que la partie du revenu qui la dépasse.
Chaque printemps, la même question revient : « je suis dans la tranche à 30 %, je paie donc 30 % d’impôt ? » Non, et c’est l’idée reçue la plus répandue sur la fiscalité française. Comprendre le barème permet de lire son avis d’imposition, d’anticiper l’effet d’une augmentation de salaire et de mesurer l’intérêt réel d’une déduction fiscale.
Ce guide explique le calcul étape par étape : revenu imposable, quotient familial, application des tranches, plafonnement, décote et réductions d’impôt. Des exemples chiffrés illustrent chaque mécanisme. Si vous cherchez à réduire votre impôt, notre guide du PER détaille l’un des leviers les plus utilisés.
Le barème de l’impôt 2026 en détail
Le barème appliqué en 2026 porte sur les revenus perçus en 2025. La loi de finances pour 2026 a revalorisé les limites de chaque tranche de 0,9 %, pour tenir compte de l’inflation. Les taux, eux, restent inchangés. Les montants s’entendent par part de quotient familial.
| Revenu imposable par part | Taux d’imposition |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Plus de 181 917 € | 45 % |
La revalorisation n’est pas un détail. Si les tranches restaient figées alors que les salaires suivent l’inflation, une partie croissante des revenus basculerait mécaniquement dans des tranches plus élevées. On parle alors d’alourdissement « à froid » de l’impôt.
Comment fonctionne un impôt progressif
Le principe est simple : chaque tranche de revenu est taxée à son propre taux, et seulement elle. Les 11 600 premiers euros par part ne sont jamais imposés, même pour un très haut revenu. Les euros suivants sont taxés à 11 %, puis à 30 % au-delà de 29 579 euros, et ainsi de suite.
Imaginez une série de seaux posés les uns à côté des autres. Vous remplissez le premier, qui n’est pas taxé, puis le deuxième, taxé à 11 %, puis le troisième. Une hausse de revenu ne remplit que le dernier seau entamé : elle ne change jamais l’impôt dû sur les seaux déjà pleins.
C’est pourquoi une augmentation de salaire ne peut jamais réduire votre revenu après impôt. Si vous passez dans la tranche à 30 %, seuls les euros situés au-dessus du seuil sont taxés à ce taux. Les effets de seuil existent ailleurs, sur certaines aides ou prestations sociales, mais pas dans le barème lui-même.
Le calcul de l’impôt étape par étape
Le calcul suit toujours le même ordre. On part du revenu net imposable : vos salaires après l’abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, ou vos frais réels si vous les déclarez, auxquels s’ajoutent vos autres revenus, moins les charges déductibles comme les pensions alimentaires ou les versements sur un plan d’épargne retraite.
Ce revenu est ensuite divisé par le nombre de parts du foyer. On applique le barème au résultat, puis on multiplie l’impôt obtenu par le nombre de parts. On vérifie alors le plafonnement du quotient familial, on applique la décote si le foyer y a droit, puis on retire les réductions et crédits d’impôt : dons, emploi à domicile, frais de garde des jeunes enfants.
Les revenus de placement suivent par défaut une règle à part. Les intérêts, dividendes et plus-values sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % d’impôt sur le revenu, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux. Vous pouvez opter pour le barème progressif à la place, mais l’option vaut pour l’ensemble de ces revenus de l’année.
Le conseil Aurigin
Une déduction fiscale vaut votre taux marginal, pas votre taux moyen. Pour Sophie, chaque euro versé sur un PER et déduit de son revenu économise 30 centimes d’impôt, tant qu’il reste dans la tranche à 30 %. Pour un foyer dans la tranche à 11 %, le même versement n’économise que 11 centimes.
Le quotient familial et son plafonnement
Le quotient familial adapte l’impôt à la taille du foyer. Une personne seule compte pour 1 part, un couple marié ou pacsé pour 2 parts. Chacun des deux premiers enfants à charge ajoute une demi-part, puis chaque enfant suivant une part entière. Un parent qui élève seul ses enfants bénéficie d’une demi-part supplémentaire.
Plus le nombre de parts est élevé, plus le revenu par part est faible, et plus il reste dans les tranches basses. Cet avantage est toutefois plafonné : chaque demi-part supplémentaire ne peut pas réduire l’impôt de plus de 1 807 euros sur les revenus 2025. Le plafond est porté à 4 262 euros pour la part accordée au premier enfant d’un parent isolé.
Le plafonnement ne concerne que les revenus élevés. Prenons un couple avec deux enfants et 200 000 euros de revenu imposable. Avec 3 parts, le barème donnerait environ 39 312 euros d’impôt, contre 49 601 euros avec 2 parts, soit un avantage de 10 289 euros. Les deux demi-parts des enfants étant plafonnées à 3 614 euros au total, l’impôt final s’établit à environ 45 987 euros.
La décote pour les revenus modestes
La décote atténue l’entrée dans l’impôt des foyers modestes. Elle s’applique automatiquement lorsque l’impôt brut, après plafonnement du quotient familial, ne dépasse pas 1 982 euros pour une personne seule ou 3 277 euros pour un couple soumis à imposition commune.
Son montant se calcule ainsi : 897 euros moins 45,25 % de l’impôt brut pour une personne seule, et 1 483 euros moins 45,25 % de l’impôt brut pour un couple. Pour un célibataire dont l’impôt brut est de 924 euros, la décote atteint environ 479 euros, et l’impôt tombe à 445 euros. Enfin, un impôt inférieur à 61 euros n’est pas mis en recouvrement.
Taux marginal, taux moyen et prélèvement à la source
Le taux marginal d’imposition est le taux de la tranche la plus haute atteinte par votre revenu par part. Il indique combien d’impôt supplémentaire vous paierez sur un euro de revenu en plus, ou combien vous économiserez sur un euro déduit. Le taux moyen rapporte l’impôt total à votre revenu imposable : il mesure ce que vous payez réellement.
Le prélèvement à la source utilise un troisième taux. Le taux personnalisé du foyer est calculé par l’administration à partir de votre dernière déclaration : il correspond à l’impôt dû rapporté aux revenus soumis au prélèvement. Il est donc proche de votre taux moyen, pas de votre taux marginal. Les couples peuvent opter pour un taux individualisé si leurs revenus sont très différents, sans changer le montant total de l’impôt du foyer.
Pour les très hauts revenus, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus s’ajoute au barème : 3 % sur la fraction du revenu fiscal de référence comprise entre 250 000 et 500 000 euros pour une personne seule, puis 4 % au-delà. Les seuils sont doublés pour un couple.
Ces règles s’appliquent à la date de publication. La loi de finances évolue chaque année : vérifiez votre situation sur votre avis d’imposition ou avec le simulateur officiel de l’administration fiscale.
Votre impôt vous semble trop élevé ?
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Conclusion
Le barème de l’impôt sur le revenu repose sur une logique simple : chaque tranche de revenu est taxée à son propre taux, et une hausse de revenu ne pénalise jamais les euros déjà gagnés. Le quotient familial, la décote et les réductions d’impôt viennent ensuite ajuster la facture selon la composition et les ressources du foyer. Retenez surtout la différence entre taux marginal et taux moyen : le premier guide vos décisions d’épargne et de déduction, le second mesure ce que vous payez vraiment. Pour passer à l’action, notre guide pour réduire ses impôts en 2026 passe en revue les principaux leviers.
Questions fréquentes
Quelles sont les tranches de l’impôt sur le revenu en 2026 ?
Si je passe dans la tranche supérieure, est-ce que je paie plus d’impôt sur tout mon revenu ?
Quelle est la différence entre taux marginal et taux moyen ?
Comment est calculé le nombre de parts fiscales ?
Qu’est-ce que la décote et qui peut en bénéficier ?
Le taux du prélèvement à la source correspond-il à ma tranche d’imposition ?
Résumé
- Le barème de l’impôt sur le revenu est progressif : chaque tranche de revenu est taxée à son propre taux.
- En 2026, sur les revenus 2025, les tranches vont de 0 % jusqu’à 11 600 euros par part à 45 % au-delà de 181 917 euros.
- Les limites des tranches ont été revalorisées de 0,9 % par la loi de finances pour 2026.
- Le revenu imposable est divisé par le nombre de parts, le barème est appliqué, puis le résultat est multiplié par ce nombre de parts.
- L’avantage de chaque demi-part de quotient familial est plafonné à 1 807 euros.
- La décote réduit l’impôt des foyers dont l’impôt brut ne dépasse pas 1 982 euros (seul) ou 3 277 euros (couple).
- Le taux marginal guide l’intérêt d’une déduction ; le taux moyen mesure l’impôt réellement payé.
À retenir
- Changer de tranche ne taxe que les euros situés au-dessus du seuil.
- Votre taux moyen est toujours inférieur à votre taux marginal.
- Une déduction fiscale fait économiser votre taux marginal.
- Le quotient familial allège l’impôt des familles, dans la limite d’un plafond.
- Le taux du prélèvement à la source est un taux moyen, pas votre tranche.
Sources
- BOFiP, BOI-IR-LIQ-20-10, barème applicable aux revenus 2025, actualité du 7 avril 2026 (04/2026)
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 4, Légifrance (02/2026)
- Legifiscal, « IR : barème 2026, quotient familial et décote » (04/2026)
- Code général des impôts, articles 193, 197 et 223 sexies, Légifrance (10/2026)
- Impots.gouv.fr, simulateur officiel de l’impôt sur le revenu (10/2026)
- Service-public.fr, fiches « Barème de l’impôt sur le revenu » et « Quotient familial » (10/2026)


